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Bienvenue chez les Samaurore

Les tribulations d'Aurore, Samuel, Margaux et Corentin à travers leurs voyages et activités sportives

Vacances à Madagascar sur l'île de Nosy Be: visite de la distillerie d'ylang-ylang

13 septembre 2012: Après la visite du Parc aux Lémuriens qui a comblé les enfants, la visite de la distillerie des produits à parfums a enthousiasmé les parents.J'ai trouvé un article trés bien fait qui explique l'activité de la ditillerie pendant la pleine saison de récolte des fleurs d'ylang-ylang, je l'ai recopié ci-dessous (source: la Tribune de Diego du 17 mai 2012). En revanche les photos sont bien de moi à l'exception de celle de la pesée des fleurs au coeur de l'usine (voir ci-dessous).

 

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(source: la tribune de Diego du 17 mai 2012):  Il y a une centaine d'années la société appelée aujourd'hui SPPM (Société des Produits à Parfum de Madagascar) avait pour nom « Société des Produits des Permissionnaires ». Vers 1889, les permissionnaires créent la SPPM avec comme employés les prisonniers de la colonie qui plantent la plupart des pieds d'ylang-ylang que l'on retrouve aujourd'hui dans la plantation.

 

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Aujourd'hui, une douzaine d'huiles essentielles sont produites par la SPPM (vétiver, citronnelle, etc..) contre une vingtaine il y a une cinquantaine d'années, certaines essences ayant été considérées comme allergènes (comme l'essence de lantana, de champaka ou de longoza). La SPPM est le premier producteur mondial d'huile essentielle d'ylang-ylang. La production s'élève à neuf tonnes par an sur un marché mondial évalué à cent tonnes. Nosy Be en produit un peu moins de vingt tonnes. Le reste est produit principalement aux Comores et à Mayotte. Entreprise franche depuis 1991, la SPPM a pour obligation d'exporter 95% de sa production et en exporte en réalité la totalité selon son Directeur général. Les petits revendeurs de Nosy Be s'alimentent auprès du réseau des petits distillateurs de l'île. Toute la production SPPM part en France dans la région de Valence, avant d'être retravaillée. Elle est à 80% destinée au marché américain. Selon Riaz.B, « la France reste encore consommatrice de produits conventionnels. Ils ne sont pas prêts à payer plus cher parce que ce sont des produits « bios ». Nous ne faisons que de petites ventes en France et en Allemagne pour l'aromathérapie ». Le label Ecocert permet à la SPPM de proposer sur le marché une production d'ylang-ylang « bio », mais l'obtention du label Ecocert représente un investissement important. Cela demande de ne pas utiliser d'engrais et de planter à côté des plantations d'ylang-ylang des plantes qui permettent de remplacer les pesticides comme le patchouli, la citronnelle ou l'eucalyptus.

 

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L'entreprise fait aujourd'hui travailler quatre cent personnes directement (soixante à la production/technique et les autres à l'entretien de la plantation) et plus de deux mille personnes indirectement. Le directeur général est plutôt optimiste pour les prochaines années puisque selon lui « tous les ans la quantité à fournir évolue de l'ordre de 10% à la hausse. Le prix reste cyclique comme tous les produits agricoles. Le cours a atteint un maximum avant la crise de 2008, et même si il a depuis perdu 30 %, il est encore le double de ce qu'il était il y a dix ans ».

 

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L'ylang-ylang connu sous le nom scientifique cananga odorata ou anona odorantissima est un arbre tropical à feuilles persistantes originaire d'Asie du sud-est cultivé pour ses fleurs jaunes dont est tiré par distillation l'huile essentielle d'ylang-ylang. L'ylang-ylang est originaire des zones tropicales humides d'Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines. Il croît dans les forêts humides à fortes pluviosité. Il a été introduit dans pratiquement toutes les îles tropicales du Pacifique, au nord de l'Australie, en Thaïlande, au Vietnam, dans les Caraïbes et au Costa Rica et dans l'Océan Indien, notamment à Madagascar, aux Comores, à Mayotte, à La Réunion et l'Île Maurice.

Son utilisation en parfumerie est assez récente et l'ylang-ylang offre une fragrance d'une puissance qui permet à certaines compositions de parfums lentes à s'épanouir, de trouver de l'amplitude, du volume et de la suavité.
L'arbre est taillé à hauteur d'homme (2 à 3 mètres) mais il peut en milieu naturel atteindre jusqu'à 30 mètres de hauteur. Sa croissance est très rapide dans les premières années et demande de l'entretien pour son exploitation.


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(source: la tribune de Diego pour cette photo). Dommage de ne pas avoir vu ca en direct!

 

La récolte se pratique essentiellement pendant la saison des pluies de novembre à mai par des femmes de tous âges. Cette période favorable (pluies régulières entrecoupées d'éclaircies) permet un pic de production, mais la récolte a également lieu toute l'année sur l'île. Dans une grande exploitation comme celle de la SPPM (sept cent soixante dix hectares), chaque pied d'ylang-ylang peut produire de trois à quatre kilogrammes de fleurs par jour. La récolte est intercalée sur trois jours pour un meilleur rendement : le lundi, le mercredi et le vendredi. On estime qu'une tonne d'huile d'ylang-ylang sera produite pour dix hectares d'ylang-ylang. La cueillette se fait tôt le matin afin de prélever les fleurs de bonne qualité qui contiennent le maximum d'essence naturelle. A quatre heures du matin, les femmes se rendent dans la plantation, munies de sacs et de Lambaoany au cas où leurs sacs ne suffiraient pas. Elles se répartissent ensuite au gré de leur cueillette sur un terrain vallonné. Camouflées par la végétation luxuriante que forme les arbres d'ylang-ylang, il est alors difficile de les repérer. Les femmes communiquent pendant le ramassage en s'appelant à haute voix pour savoir où se trouvent leurs camarades de travail, mais aussi pour donner le signal du retour pour la pesée de dix heures.
A 10 heures en effet, les femmes de l'exploitation de la SPPM se rendent à la distillerie pour la pesée qui a lieu en présence d'Hanta (responsable de la production de l'essence depuis la cueillette jusqu'à l'huile essentielle). Devant sa balance, elle attend chacune à leur tour les femmes qui reçoivent une étiquette indiquant leur nom et le poids de leurs cueillettes. Le poids peut varier de trois à seize kilogrammes selon le travail de chacune. Munies de leurs étiquettes, elles reçoivent ensuite l'équivalent en
Ariary (trois cents Ariary par kilogramme). Quatre cent kilogrammes ont ainsi été récoltés sur la propriété le jour où nous nous y sommes rendus, mais les collecteurs de la SPPM qui se rendent dans toute l'île peuvent aussi ramener de une à deux tonnes d'ylang-ylang chaque jour.

 

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De manière générale, la production finale d'huile essentielle représente seulement 2,5% du poids de la matière utilisée. Ce qui veut dire que pour cent kilogrammes d'ylang-ylang, on obtient 2,5 kilogrammes d'huile essentielle. Dans ces 2,5 kilogrammes, vingt sept pourcent seront de première qualité et le reste de deuxième qualité. Pour la distillation, des alambics en inox ou en cuivre sont utilisés. Les deux alambics modernes de la SPPM en inox peuvent contenir chacun cinq cent kilogrammes de fleurs et demandent douze heures de distillation. Les autres, en cuivre, nécessitent une vingtaine d'heures de distillation. Les responsables de la SPPM nous ont assuré que la qualité est la même dans les deux types d'alambic. Une chaudière impressionnante à bois fournit de la vapeur pour tous les alambics de la SPPM. La distillation par la vapeur augmente les rendements et donne des essences de meilleure qualité. Les alambics à colonnes fonctionnent selon le même principe : La colonne à fleurs renferme des grilles pour supporter les fleurs au-dessus des vapeurs aqueuses ou alcooliques qui s'élèvent du bain-marie. Une autre technique est également possible pour de meilleur rendement : la chambre à vide pour l'extraction, mais qui demande un investissement important.


Après vingt minutes de distillation dans les alambics en inox, la première distillation apparaît. Il faut attendre douze heures pour que la totalité des fleurs contenues dans les alambics soient distillées. Le produit de distillation obtenu est transvasé dans un vase florentin qui permet par décantation de
sépararer l'huile, plus légère, de l'eau.
A la sortie du vase florentin, l'huile essentielle est recueillie dans de petits flacons. Une
premiere sélection est faite par le chef distillateur (Monsieur Anjara) qui sépare les bouteilles contenant la première qualité (sortie au début, les « têtes ») de ceux qui contiennent la troisième qualité. Un deuxième classement s'effectuera ensuite à l'aide d'un densimètre après plusieurs heures de décantation. Le principe est le suivant : moins l'huile est légère, plus la qualité est bonne. La troisième qualité a ainsi une densité d'environ 905 à 930 kilogrammes par litre, la seconde 930 à 940 kilogrammes par litre, et la première au delà de 940 kilogrammes par litre. Les prix vont de 25 euros le kilogramme à 200 pour la meilleure qualité.


 

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